A propos de facebook

Pourquoi j’ai balancé 200 amis à la poubelle ?

Pourquoi j’ai balancé 200 amis à la poubelle ?

 

Dimanche dernier, dans un coup de colère, tenaillé par l’amertume, j’ai cliqué sur des dizaines de petites croix, faisant ainsi comprendre à certains que je ne souhaitais plus voir leurs mines réjouies dans mon réseau « social » d’amis, me privant ainsi de partager avec eux les petits bonheurs de la vie quotidienne.

Je crois trop en l’amitié pour pouvoir affirmer sans rougir ma capacité en tenir autant de personnes en si haute estime.

Parce qu’un ami, ce n’est pas quelqu’un dont j’ai besoin de connaître la couleur des selles matinales, vu que je m’en tape.

Parce qu’un ami ne doit pas se sentir obligé de me prévenir du bonheur qui l’étreint d’avoir avalé douze hot-dogs et six pilules d’ecstasy lors de la soirée organisée par les pompiers retraités de Mortepleine-la-Joyeuse, vu que je m’en tape aussi

Parce que les vieux croutons avec lesquels j’ai fréquenté l’école maternelle, s’ils ne sont pas encore morts, peuvent rester là où ils sont. Dans le camphre et le formol ; dans le Larzac ou à New-York ; au PS ou au MR. Si l’envie me prend de les revoir, je sais de quel bistrot ou de quel cimetière je dois pousser la porte.

Parce que mes ex, j’aimerais bien qu’elle garde ce statut enviable et ne viennent pas me retrouver pour haleter de désir ou quémander quelques soupirs que je destine à une autre.

Parce que la décence à des limites et que je préfère celui qui exhibe ses couilles en public (un vrai public avec de vrais yeux stupéfaits et des murmures d’indignation qui sortent de leurs vraies bouches) que celui qui vide sa bile dans la sécurité autistique de son univers électronique.

Parce que, lorsque bobonne pleurniche sur facebook sur les aléas de la dépression chronique dont souffre son toutou et que ses « amis » lui affirment d’un clic qu’ils aiment ça, je me demande ce qu’ils apprécient véritablement dans cette catastrophe.

Parce que facebook est un pas supplémentaire franchi vers cet univers contrôlé ou ce que chacun pense, a pensé et pensera un jour est collationné dans le grand ordinateur central de la pensée unique.

Parce que je ne comprends pas quelle conception de l’honnêteté inspire mes « amis » à partager la joie de mes ennemis à me faire du mal.

Parce que faire partie de groupes militants pour des causes d’une très relative noblesse ne procure que de chimériques représentations de cohésion sociale.

Parce qu’il est bon de s’appartenir, parce que la Liberté sera bientôt notre dernière richesse et surtout parce que je ne voudrais pas que mes vrais amis pensent que je les trahis avec le premier quidam qui trouve rassurant de compter 3852 contacts lorsqu’il ouvre la page d’accueil de son compagnon de vie…

Parce facebook est un outil d’isolement social, contrairement à la façon dont il se définit et qu’il confine les personnes dans leur solitude, dans leur crainte d’aller vraiment vers l’autre.

Pour toute ces raisons et d’autres encore, je vous prie, de croire, vous qui avez cru en mon amitié, que c’est par respect que je vous ai rayés de ma liste d’amis.

 

Jean-Philippe Querton

 

PS : A ceux qui me rétorqueront : « Personne ne t’a obligé à t’inscrire sur facebook », je répondrai que je m’y suis retrouvé contre mon gré. Preuve de plus que l’outil est pervers ; n’importe qui peut s’y retrouver sans qu’il le souhaite et rien n’est plus facile que d’aller sur le profil de quelqu’un qui ne veut pas communiquer avec vous pour y espionner ses états d’âme.

Qui a dit malsain ?

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