Serge Gainsbourg

Lettre à Serge Gainsbourg

Mon cher Serge,

 

Tu dois bien te marrer.

T’es la star, mon pote.

On ne parle que de toi.

Ceux qui, hier, te dépeignaient comme l’icône de la vulgarité, ceux qui gerbaient sur ta mine patibulaire, ceux qui voyaient en toi le chantre de la trivialité, ceux-là même, aujourd’hui, crient au génie.

Ceux qui se moquaient de toi quand tu te comparais à Baudelaire, ceux qui pouffaient quand tu parlais de ton œuvre, ces gars-là, vont bientôt faire entrer tes textes dans les manuels scolaires.

C’est marrant.

Ils s’étaient arrêtés sur ton image.

Sur ta barbe et ta mine fatiguée, sur ta réputation de noceur et de picoleur.

Sur ton air ravagé.

Alors que sous la croûte de ta pudeur, tu cachais une souffrance, un romantisme à nul autre pareil et une sensibilité fragile comme la cendre d’une Gitane sans filtre.

Tu avais la classe, Serge.

Ils viennent de s’en rendre compte.

Ça ne te fait pas rigoler ?

Tant pis…

 

Jpé.

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