Aphorismes et Terrils

L’HOMME QUI MOMOQUAIT À L’ÉCRAN DES ORDINATEURS

 

L’aphorisme est un genre littéraire à part entière, tout comme le roman. Avec de petites différences entre ces deux genres, bien entendu : par exemple, un recueil d’aphorismes bien tassé peut se révéler plus long qu’un roman français contemporain. Et je ne parlerai pas du fond…

 

Tout comme il existe différents genres de romans, on trouve aussi tout une série de types d’aphorismes : les sentencieux, les moralisateurs, les prétentieux, les chiants, les humoristiques, les mordants, les calembouresques et cetera. Sans oublier les nuls. Les aphorismes de Jean-Philippe Querton font partie de la catégorie qui a ma préférence : les humoristiques calembouresques mordants.

 

Bien qu’ayant commis quelques romans noirs de bonne qualité, Querton est un passionné de la petite phrase qui étonne, fait rire (jaune), fait grincer des dents ou oblige l’esprit du lecteur à gamberger un peu plus que d’habitude. Il en écrit régulièrement et collectionne ceux des autres.

 

Et pas égoïste pour un sou, le Jean-Philippe : depuis le 13 janvier 2008, il a décidé de faire partager les « pensées » qu’il croise dans ses lectures en envoyant quasi journellement un e-mail de deux ou trois momoqueurs à une longue liste d’abonnés. C’est la preuve aussi qu’il connaît bien son sujet.

 

L'une des autres qualités de Querton, c'est qu'il ne se prend pas la tête : il dispose de la prise de terre qui l'empêche de péter les plombes et de s'autoproclamer Génie du bref. La preuve : Obtenir un prix littéraire ! C'est à ce moment là que l'auteur s'écrie : "Goncourt à la catastrophe". 

  

Et quand il écrit : J’aime assez l’idée que l’on me prenne pour un fou ; ça me rassure, il ne nous reste qu’à lever notre verre de Chimay bleue à la santé (mentale) du bougre car, comme il le dit si bien, commettre un délit de cuite est parfois salutaire.

 

Ce livre ne deviendra sans doute pas un best-seller mais il pourrait tout de même faire un… Querton.

 

Éric Dejaeger

Ah ! L’amour…

 

Prends en de la graine, dit l’homme à la femme après lui avoir fait un enfant. 

 

Pas besoin de préservatif pour avoir de l’’amour-propre.

 

Avant de lui dire « je t’aime », j’estimai plus prudent de tourner sept fois ma langue dans sa bouche.

 

L’amour en transit ne fait jamais des amoureux transis.

 

Qui aime bien, chatouille bien. 

 

J’en ai marre d’être trompé par cette Fallope.

 

 Qui trop embrasse, mal étreint, disait l’autre. Moi, je pense que qui trop embrase finira par s’éteindre.

 

Sourire, c’est montrer son maquillage intérieur.

 

 Si ton amoureuse s’appelle Pascale, offre-lui un bouquet de pensées.

 

L’allumeuse planta son regard dans les yeux du pompier et lui demanda sans détour : On braise ensemble ?

 

Quand un homosexuel perd les pédales, ce n’est plus très gay.

 

Quelle différence entre grossesse et gros stress ?

 

Se taper la cloche ne signifie pas entretenir des rapports sexuels avec une gourde. De plus se taper une gourde n’étanche pas toujours la soif.

 

Il était en admiration devant le bleu de ses yeux. A un point tel qu’il ne résista pas à l’envie de décapsuler une trappiste.

 

Si la pomme est le fruit du péché, dites-moi un peu ou pousse la pêche ? Sur la canne ?

A Styvie…

 

Je suis un homme plus vieux. Je suis venu faire le beau temps dans ta vie, y déclencher une éternelle éclaircie.

 

Si on t’offre un cactus, réponds : « Moi non plus ! »

 

Ses phrases sont si belles qu’on dirait qu’elle prononce chaque mot en majuscule

 

Désormais, mêlons-nous de nos radis.

 

Te pénétrer, c’est entrer dans ta légende.

 

 

Un peu de sexe…

 

C’est l’histoire assez piquante du marteau qui voulait tirer un clou… Vous la connaissez ?

 

J’ai le sexe qui se marmotte, me disait quelqu’un dont la libido sommeillait.

 

Femmes frigides, hommes impuissants, rassurez-vous, je viens d’inventer la transplantation d’orgasmes. Cherche donneurs.

 

C’est l’histoire d’une  araignée qui allait volontiers voir les putes. Elle adorait les petites femmes de mygale.

 

Evoquant son ancien amant qu’elle avait viré sans ménagement et qui en avait perdu sa virilité, elle parlait de son ex sans trique.

 

D’un maçon sexuellement obsédé, dira t-on qu’il est lubrique dans le ventre ?

 

 

Au bistrot…

 

Commettre un délit de cuite est parfois salutaire.

 

Que de poignets brisés pour des vérités assénées du poing sur le marbre des comptoirs !

 

Dans ce café, la clientèle s’apparente à un bêtisier.

 

J’aime aller dans les cafés, j’ai l’impression que les autres y pensent à ma place.

 

Bagarre générale au Café des Bons Amis !

 

J’aime l’inutilité des conversations de bistrot.

 

La fréquentation de certains lieux particulièrement courus par des crétins me rappelle la chanson « Dégénérez en paix. » 

 

L’homme qui se rend au bistrot possède un côté primitif, voire préhistorique. C’est un homme des tavernes.

 

Il est parfois indispensable de boire un verre salutaire, même en mauvaise compagnie.

 

Je vide mon verre, je me réjouis d’ingurgiter le suivant. C’est ce qu’on appelle l’amour du prochain.

 

Après la pluie, un « Vieux-Temps »

 

J’ai fait un cauchemar. Un monde où la Chimay bleue n’était plus en vente libre, mais disponible uniquement en pharmacie et sur ordonnance médicale. 

 

Le folklore…

 

Le gille de bintje lance des patates. Le gille d’Ecaussinnes, des sarcasmes.

  

Si au lieu de lancer des oranges, les gilles se lançaient des gentillesses,

le Carnaval de Binche obtiendrait peut-être le prix Nobel de la Paix.

Fringales…

 

Que serait la coquille sans Jacques ?

 

Ce midi, j’ai réalisé le rêve de Jeanne d’Arc. Je me suis tapé un Anglais à l’échalote.

 

Croque dans la chair du pamplemousse et sens les larmes poindre,

C’est l’amer qu’on voit danser.

 

Un bon accord de pet se négocie toujours autour d’un cassoulet.

 

En coupant son saucisson, il se fit la réflexion qu’une rondelle ne faisait pas le printemps.

Le plat pays qui est…

 

Tournai est la capitale du Hainaut accidentel.

 

Un pays de « loser » a comme devise « Belgium, one point ». 

 

Pour un cycliste, le chemin le plus court pour aller de Liège à Liège passe par Bastogne.

Après, on s’étonnera qu’on nous prenne pour des cons. 

 

On ne pourra décréter la Belgique unie que lorsqu’on aura abattu le mur de Grammont.

 

Le latin  a des déclinaisons, le flamand a des temps primitifs. Le français, ça va. Merci..

 

Dans un match de football qui opposerait Rochefort à Chimay, je ne saurais vraiment pas qui encourager.

 

Dans le championnat de Belgique des bières trappistes, la Wallonie mène par trois verres à deux.

 

Quand un Flamand dit « pragmatique »,

le Wallon comprend « poétique ».

 

J’ai passé le week-end à fonder un mouvement pour le rattachement de la Wallonie au Tibet. Résultat : Tintin. 

 

L’hymne au dynamisme selon Yves Leterme : « Allons enfant de l’apathie »

 

A Visé, c’est dingue le nombre de gens qui donnent des conseils.

 

J’ai rêvé que je faisais une partie de Scrabble avec la Princesse Mathilde. Cela a viré au cauchemar quand j’ai constaté que j’avais perdu.

 

La vie est un long fleuve tranquille ! Ceux qui affirment cela ne sont jamais allés se balader en bateau-mouche sur la Meuse.

 

Electrabel engage des conteurs pour baratiner le client et faire digérer la facture. Travail en deux pauses, ce sont des conteurs bi-horaires.

 

Habiter Maurage… Ô désespoir.

 

Je suis arrivé en retard à Alleur. 

 

La liberté…

 

La liberté s’arrête au coup de sonnette du témoin de Jéhovah

 

Point de liberté sans le silence.

 

L’homme libre n’a ni frère ni sœur.

 

Le pire ennemi de l’homme, c’est son voisin.

 

J’ai pris la décision de ne plus rien décider.

Ecrire…

 

Ecrire pour ne pas être réduit au silence.

 

Je rêve que ma folie devienne contagieuse, qu’elle soit scripturalement transmissible.

 

J’aime assez l’idée que l’on me prenne pour un fou, ça me rassure.

 

Parfois je me surprends une envie de colère.

 

Obtenir un prix littéraire ! C’est à ce moment-là que l’auteur s’écrie : « Goncourt à la catastrophe »

 

J’aimerais qu’Alfred Nobel reçoive le Prix Querton de littérature.

La ponctuation…

 

Le grand art c’est d’être capable de  fermer la parenthèse que l’on n’a jamais ouverte.

 

Je milite activement pour la défense du point d’interrogation.

La mort…

 

Il faut laver son linceul en famille !

 

Au retour de deuil, tout le monde sirotait un petit noir.

 

Ce qui m’énerverait dans ma mort, ce serait de laisser le monde sans surveillance.

 

J’ai pleuré toute la nuit l’enterrement du mot fraternité.

 

Les personnes qui décèdent entre le 21 juin et le 22 juillet meurent sous le signe du cancer, mais parfois simplement d’un rhume mal soigné ou d’une chute dans l’escalier.

 

Un gréviste de la fin, c’est quelqu’un qui refuse de mourir.

 

 

La lâcheté…

 

Le silence des pantoufles est toujours plus redoutable que le bruit des bottes...

 

J’aimerais bien que le monde retrouve la faculté de s’indigner.

 

Souvent on prête une oreille attentive à des gens qui ne vous la rendent pas.

  

 

 

Aux barricades…

 

Ma position favorite : le fil du rasoir.

 

Etre honteux, c’est déjà reconnaître sa culpabilité

 

Se révolter, ça aide à rester jeune.

 

On n’est propriétaire de rien.

Pas même de ses opinions.

 

Etre tellement anarchiste au point de contester les lois de la pesanteur.

 

Si le premier mai est la journée du travail, le premier « mais » symbolise le début de la contestation. Une semaine plus tard, le « oui, mais » évoque déjà la capitulation

 

Il faut apprendre à se déshabituer.

 

Tous ensemble, essayons de ne pas ressembler à nos semblables.

 

A Proust qui affirme que, la jeunesse une fois passée, il est rare que l’on reste confiné dans l’insolence, je réponds que l’insolence est une manière de rester jeune. Mais Proust se moque de mon avis.

 

 

 

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