La critique de Bob Boutique

J'ai lu.... "Les perdants"


de Jean-Philippe Querton

par Bob Boutique

Ouh la la ! Mes enfants… je suis littéralement sur le c.. !

Je viens de lire le meilleur bouquin publié à ce jour par Chloé des Lys et dieu sait si j’en ai lu… une soixantaine ou plus !

Le précédent, "l‘ homme à la Chimay bleue" m’avait déjà interpellé et je le considérais comme une des œuvres majeures de notre maison, mais là…

C’est violent, démesuré, d’une vérité criante… laissez-moi vous citer ce que l’auteur a cru nécessaire de préciser en épilogue, effrayé sans doute de sa propre audace… ‘Je me relis et les premières pages de ce récit me semblent effrayantes. Comment est-il possible d’écrire d’une manière aussi insane ? Aussi brutale ? Comment de telles bestialités peuvent-elles naître dans un esprit considéré comme sain ? Voilà ce que ne manqueront pas de penser ceux qui plongeront dans cette histoire ?’

Bien vu. Tout au long de ma lecture, je me suis posé ces questions. Comment peut-on, même en imagination, se mettre à la place de tels monstres, de tels malades ?

Car l’histoire ( que je ne déflorerai pas, c’est quasi un thriller ) met en scène une famille complètement tarée qui vit dans une ferme retirée, où un père tout puissant et bestial traite femme et enfants, trois filles et un garçon, comme de la chair à pâté. Physiquement, psychologiquement et… sexuellement. On nage en pleine pédophilie.

Tous finiront mal, sous terre ou dans un asile… une des filles devra même porter une camisole de force et un casque lorsqu’on la découvrira ‘…en train de se ronger l’épaule. L’os était presque à nu et elle hurlait de douleur, la bouche plein de chair et de sang’.

Un seul en réchappera, si on peut dire. le garçon, sauvé par sa masculinité, le père n’étant intéressé que par les femelles. Mais un jour, à l’issue d’une scène encore plus démentielle que d’autres, son esprit se brisera et il vivra désormais avec deux personnalités. Celle de Monsieur Robert, un professeur de mathématiques du collège Saint-Stanislas, quarante ans, considéré par tous comme un exemple. Et celui de Robert tout court, un être vicieux et asservi par une sexualité compliquée et abjecte. Le tout étant de savoir qui prend le pas sur l’autre et quand ?

Et Puis, comme dans tous les romans de Jean-Philippe Querton, le ciel plombé de l’enfer s’entrouvre et un ange apparaît, sous les traits d’une fillette de douze ans. Une petite tunisienne douée pour les maths, aux yeux limpides mais pas innocents.

‘Cette petite possédait un regard singulier. Comme si elle lisait dans ses pensées.’ Et commence entre ces deux êtres que tout sépare, un jeu du chat et de la souris dont… Non. Voyez vous mêmes. Tout est dans le livre.

C’est étonnant, ça se lit d’une seule traite, le souffle court, la rage ou l’indignation au cœur et ça ne se termine pas du tout comme on le pensait !

Qu’ajouter d’autre. Que le récit est d’autant plus âpre que l’auteur nous le livre brut, sans précautions inutiles ni sentiments de pacotilles. Quand on dépiaute un lapin et qu’on met ses organes à l’air libre, on ne fait pas la fine bouche. Sauf qu’il s’agit ici d’être humains… même si parfois on pourrait en douter ou même se poser des questions sur la crédibilité de l’histoire ?

Le style. Impeccable. On ne le sent pas tant il est juste et les dialogues sont si naturels qu’on ne se rend même pas compte qu’il y a forcement beaucoup de talent derrière.

Et lorsque je vous dirai en conclusion que la couverture de cet ouvrage, réalisée par la plus jeune fille de Jean-Philippe Querton, Chloé (ça ne s’invente pas) est superbe, je vous aurai tout dit.

‘Les perdants’ ( 140 pages – 19.30€ ) de Jean-Philippe Querton, aux éditions Chloé des Lys.

Lien : http://www.bandbsa.be/contes/jailu/perdants-jailu.htm

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