Commentaires des lecteurs

« Les perdants » de Jean-Philippe Querton (15/12/2011). 

 Critique des « Perdants » de Jean-Philippe Querton (Florian Houdart)

Il y a quelques années, alors que je scribouillais encore des textes plus ou moins gores ou plus ou moins romantiques, j'eus une brillante idée : participer au concours de nouvelles de la bibliothèque communale de Soignies. Pour une fois, les petits lots à gagner n'étaient pas là que pour mettre du piment dans le jeu. Parce que voyez-vous, d'habitude, à Soignies, si vous êtes une jolie donzelle capable d'aligner les platitudes, vous avez droit à un véritable gala quand votre beauté est officiellement reconnues par quelques vieux types amateurs de jambonneaux encore mineurs. Par contre, si vous prétendez écrire à dix-sept ans, vous passez pour un jeune un peu fou et peu fréquentable.
Cependant, cette fois-là, j'ai été dignement récompensé de mes efforts : j'ai gagné un livre de Jean-Philippe Querton, auteur dont je ne soupçonnais alors pas encore l'existence. En plus d'avoir adoré ce "Poulet aux Olives", j'ai ainsi appris l'existence de Chloé des Lys, mon futur éditeur, et j'ai pu à nouveau trouver mon bonheur dans ce fourre-tout médiatique qu'on appelle Thriller, loin de la bouillie informe d'une Patricia Cornwell. Parce qu'avec Querton, vous savez, même le style est «gastronomique» tant il se savoure plus qu'il ne se dévore, laissant une agréable envie de retenter l'expérience plutôt qu'une vague impression de satiété.
C'est donc avec plaisir que j'ai retrouvé notre auteur et ses "Perdants" après un Pronunciamiento" palpitant, une "Mortelle Praline" savoureuse mais plus légère et un "Homme à la Chimay bleue" touchant et ingénieux.
La surprise a été au rendez-vous. Dés les premières pages, je peine à reconnaître le Querton que j'apprécie, celui qui jongle avec les mots et les expressions en guise d'apéritif avant de nous servir une petite scène d'action en entrée pour mieux enchaîner sur le plat principal par après. Le Querton que je découvre ici se fait discret pour laisser place à son ou plutôt ses personnages principaux : un certain Monsieur Robert possédant une double personnalité.
Une plume sèche, tranchante nous présente cet être dual. Ici, tous les mots prennent leur sens comme un télégramme en pleine guerre. Il est des romans qui démarrent lentement, construisant leur univers au fil de la lecture pour proposer au lecteur une croisière paisible et lui offrir un peu de vacances. Il en est d'autres qui nous plongent directement dans un monde dérangeant, au travers de scènes aussi brèves qu'efficaces. Vous aurez compris que « Les Perdants » appartient à cette deuxième catégorie. L'histoire que nous raconte Jean-Philippe est tellement abominable que sans son talent, elle en serait certainement peu crédible.
Pourtant, ici, on ne peut qu'y croire. Ce n'est plus un livre qu'on lit mais un album de famille qu'on ouvre. Et la vieille dont le mutisme en dit long se penche sur notre épaule pour nous confirmer que non, on ne rêve pas. Apparaît alors au milieu de tout cela, la petite Aïcha, une lolita d'Orient. Douze ans, l'innocence d'une enfant pour certaines choses, l'esprit retors d'une adulte pour d'autres. Si Robert et sa famille sont une collection de monstres, les autres personnages sont loin d'être des anges. Un parti pris extrêmement dérangeant quand on aborde un sujet aussi grave que la pédophilie mais aussi terriblement salutaire en ces temps où certains intermédiaires auto-proclamés du Seigneur nouent parfois avec leurs enfants de cœur des relations plus qu'étranges. Mais au fond, il s'agit toujours d'une relation maître-élève, exactement comme ici et les clins d'œil à la Lolita de Vladimir Nabokov sont là pour montrer que les perdants est tout aussi contagieux, peut-être même davantage, Robert étant incapable d'intellectualiser ses hauts faits comme le faisait Humbert Humbert à chaque page.
Ce n'est d'ailleurs pas sans raison que j'ai commencé le livre un lundi et qu'il était déjà terminé le lendemain sans même que je m'en rende compte, mes envies pressantes de m'octroyer des pauses répétées au bureau pour pouvoir poursuivre ma lecture y étant sans doute pour quelque chose.
Arrivé à la fin, on ne s'étonne plus. De fin, il ne peut d'ailleurs y en avoir qu'une seule sans quoi cette histoire sordide serait purement gratuite, en dépit de toutes ses qualités d'écriture. Cela aussi, Jean-Philippe Querton l'a bien compris.
Dans Pronunciamiento, l'auteur maniait déjà avec talent la noirceur et l'audace. « Les Perdants » reprend cet état d'esprit en faisant montre en plus d’une gestion du rythme irréprochable. Il y a donc bel et bien au moins un gagnant dans toute cette histoire : Jean-Philippe Querton.
Si le chiffre et les «mauvais bons sentiments» dictaient un peu moins leur loi en littérature, il est évident que notre homme trouverait une place dûment méritée au rayon Thriller de toutes les bonnes librairies. « Les Perdants » en a tout le potentiel, justement parce qu'il se refuse à prendre ses lecteurs pour des cons en leur donnant de vaines leçons de morale.
Il n'y a donc qu'une chose à dire pour conclure : si vous aimez les romans noirs, les styles qui accrochent tout en évitant le racolage, lisez ce roman et parlez-en à d'autres amateurs du genre. Il le mérite amplement.

 

Florian Houdart

L'avis (autorisé) de John Ellyton

Vous avez dit noir ? Ça l’est, indiscutablement. Bravo pour cette histoire dont le thème ne sera jamais banal.
Bravo aussi pour la construction impeccable. Belle maîtrise du climax. Intelligence de l’anticlimax laissant augurer d’un avenir parfaitement noir.
Le découpage rigoureux (un scénario parfait) entraîne le lecteur comme trop rarement dans le noir.
Hormis Robert/Mr. Robert, protagonistes clairement présentés, bien délimités, tous à double face ce qui est essentiel. Bonne balance entre les caractères dominants et dominés et chirurgicales descriptions des attitudes.
Il n’y a pas à s’étonner de la nature humaine, la seule qui, débarrassée de ses instincts, n’a plus de limites pour le plaisir dont la recherche se fait, doit se faire seule (pas de rédac’ chef là) pour aboutir à une situation à laquelle parfois personne ne peut s’attendre.
Et comme rien de ce qui est humain ne doit nous être étranger, il ne reste plus qu’à mesurer le bien-fondé des morales, la partie encore plus noire du livre.
Quoi qu’il en soit, parlons-en… ce ne sera jamais banal.
Chapeau !
Pour le reste, c’est bien écrit. Cela gagnerait encore si les phrases étaient regroupées en paragraphes plus importants : question de présentation.
Je n’ai pas retenu les quelques peccadilles… sauf une qui m’a fait bien rire : l’utilisation du terme “éplucher” pour l’écorchage des lapins, mais comme il s’agissait de cuisine, “d’un couteau l’autre…”

À filer aux frères Dardenne.

 

 Éric Dejaeger à propos des Perdants (http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2009/12/26/un-peu-de-pub-44.html

LES PERDANTS
par Jean-Philippe Querton

Le cinquième roman de l'ami Jean-Philippe. Ça commence très noir et ça continue très noir, qu'on se demande quand et comment ça va s'arrêter. Le personnage central, monsieur Robert, a hérité d'un lourd patrimoine génétique. Dans sa famille, tous des dégénérés ! Ceux qu'il va croiser au fil de l'histoire nous semblent bien sympathiques. Au début. Une fois la lecture terminée, je me suis demandé : « Mais qui est le plus pourri dans cette galerie de percénages ? » Je n'ai pas trouvé de réponse satisfaisante. Comme le dit l'auteur dans sa postface : tous des Perdants.

Éditions Chloé des Lys, 2009
140 pages

 

 

Gauthier Hiernaux: http://grandeuretdecadence.wordpress.com/lectures/

A propos de "Le Poulet aux Olives" et "Mortelle Praline"

Ce n’est pas la fiche de lecture d’un seul roman que je vous propose aujourd’hui, mais celle de deux ouvrages (« Le Poulet aux olives » et « Mortelle praline ») qui n’ont pas en commun que leur auteur, Jean-Philippe Querton dont j’avais, il y a peu, chanté les louanges (voir « L’homme à la Chimay bleue » plus bas sur cette page) mais également le personnage principal, le détective très inspiré nommé Marcel Quinchon.

Quelque peu refroidi par l’une de mes dernières lectures, je me suis délecté des pages savoureuses du premier roman de l’auteur intitulé « Le Poulet aux olives ». D’emblée, le romancier nous met au parfum : il s’agit d’un polar gastronomique, association qui n’est pas sans rappeler le regretté Manuel V. Montalban. Mais la Barcelone de Montalban a été troquée contre des contrées qui nous sont plus proches (Nivelles, Rebecq…) dans lequel Quinchon (appelons-le « Marcel », il ne s’en offusquera pas), doté d’une verve comparable à son appétit, évolue comme un poisson dans le ricard.

En quelques mots : Marcel Quinchon est appelé par une vieille rombière qui soupçonne son mari d’infidélité. Une affaire somme toute très banale qui ennuie mortellement le privé. Mais quand la vieille est salement égorgée et que d’autres individus, liés de près à la famille, tombent comme des mouches, l’affaire se corse.

Dans « Mortelle praline », le dernier roman de l’auteur, Marcel Quinchon mène l’enquête dans le milieu hospitalier dans la région de La Louvière. Un peu moins de gastronomie dans ce dernier tome des enquêtes du détective amateur de bonne chair (celle qui se mange et celle qu’on honore) mais un ton et un humour qui ne peuvent laisser les amateurs de bons mots et d’atmosphères indifférents.

Deux excellents bouquins à dévorer sans modération devant un bon feu de cheminée… ou un verre de Chimay.

  

MORTELLE PRALINE
par Jean-Philippe Querton

Marcel Quinchon, détective privé, grand bâfreur devant l’éternel et inconditionnel de la Chimay bleue, n’est pas au mieux de sa forme : il se paye un infarctus. Durant son séjour à l’hôpital, trois patients, pourtant étroitement surveillés par un corps médical des plus compétents, décèdent mystérieusement. Pour Quinchon, cela n’est pas dû au hasard. Il décide d’enquêter. Une histoire bien noire racontée avec la verve habituelle de l’ami Jean-Philippe.

Éric Dejaeger.

Mail d’Anne-Céline Coulon le 30/11/2009 suite à la lecture du « Poulet aux Olives ».

 Jean-Philippe,

Que dire?

 Quand j'aime, je le dis...

Quand j'aime pas, je le dis aussi...

Alors à toi de deviner !

...

Mais c'est évident que je l'adore ce livre!!!!

Tu as gagné ta place au milieu de ma bibliothèque

(le critère étant d'aimer au moins 3 livres... c'est fait!)

et c'est un honneur!

 Je suis dingue d'Agathe Christie et je dois dire que j'étais pessimiste

avant de commencer à lire ce polar.

J'ai bien vite changé d'avis et je suis dégoutée car je n'ai pas trouvé le coupable! grrrrrr!! Bien joué!

 Connaît-on mieux un auteur quand on le lit? C'était bien ça ta question?

 Je peux dire que je suis certaine que tu aimes la gastronomie,

 le Ricard et la Chimay bleue (ça je le savais avant de lire ce polar!!!)

Que dans ta bibliothèque trônent des livres de psychologie et un tas de polars.

Et à mon avis tu es un grand amateur de la gelée de sureau !!!

 Je pense qu'on ne connaît pas mieux un auteur quand on le lit

mais que l'on est amené à se poser des questions à son sujet !

 Je suis cette fois.... séduite!

 

AnneCé

 

 Mail de Dominique Mathurin, le 27/11/2009 suite à la lecture de « L’homme à la Chimay bleue ».

 

Bonsoir,

 

Je viens de dévorer "L'homme à la Chimay bleue". Ce fut un régal malgré le fait que je n'apprécie pas ce breuvage.  Je me fais une joie de commencer "les perdants"...

Merci pour cette écriture stylée, rapide et si prenante. N'hésitez pas à me communiquer la parution de votre prochain roman.

A bientôt,

 

Dominique.

 

 

Mail de Claudine Deprez le 23/11/2009 suite à la lecture des « Perdants ».

 

Voilà, j'ai fini la lecture de ton livre.
J'ai marché vite et loin sous la pluie et le vent afin d'évacuer la crasse qui me collait au cœur et à la peau. Ton génie, c'est de nous (pardon je vais parler de moi et pas à la place des autres) de m'emmener, dès la première phrase, plus loin que je ne pensais. Ce besoin que j'ai, dans les lectures, d'anticiper, d'imaginer, d'essayer de comprendre...tu le remets en question toutes les quatre pages, chaque rebondissement m'oblige à revoir mon jugement et c'est tout bon.
J'admire ton courage car, il en faut du courage pour oser écrire cela.
Merci pour le journal d'écriture dans lequel j'ai trouvé des réponses à mes questions.
Comme dans le livre précédent, tu vas plus loin que je n'imaginais au départ. Pour moi, sans basse flatterie, tu es plus qu'un " Simenon», il y a dans tes livres tout des grands auteurs de Roman Noir américains et anglais, je pense à M.Grim, à Robinson, à Cornwell, Elisabeth George, Harlan Coben, etc qui trônent dans ma biblio et parmi lesquels tu es en bonne place. A ce propos, j'ai tout lu de toi mais certains en biblio donc je te commanderai, un de ces jours, les deux qui me manquent (…).
 
C'est de la haute voltige!!!! Félicitations sincères et béates d'admiration!!!!

 

Mail de Vincent Assez le 22/11/2009 suite à la lecture des « Perdants ».

 

Fini ce matin!

Il est clair que tu as atteint un degré de perversité non négligeable !

Bientôt une marquise de Sade boraine ?

 

Mail d’Anne-Céline Coulon le 20/11/2009 suite à la lecture de « L’homme à la Chimay bleue ».

 

Ecrire est un merveilleux don... que tu maitrises aisément !

Non, la Chimay bleue ne m'est pas montée à la tête...

 

L'ivresse, je l'ai trouvée dans les mots... de nouveaux mots.

(Je sais pas si je vais tout retenir!!!)

 

J'ai été particulièrement touchée par la scène de l'accouchement (étonnant???)

J'ai été transportée une nouvelle fois au fil de l'histoire.

 

Je dois dire que je suis conquise à nouveau!

 

J'ai hâte de découvrir les aventures de Monsieur Quinchon

et de découvrir encore et encore la magie des mots.

 

Anne-Cé

 

Mail d’Anne-Céline Coulon le 16/11/2009 suite à la lecture des « Perdants ».

 

Super, génial, merveilleux, ... tant de qualificatifs impossible à énumérer.

J'adhère, j'adore.....

J'ai ri, j'ai soupiré, j'ai même pleuré...

Dès la première phrase, je me suis plongée au cœur de l'histoire,

je ne pouvais plus arrêter de lire.

J'avais l'impression de vivre cette histoire dure, émouvante,

cruelle et touchante à la fois.

Bref je suis conquise!!

J'ai acheté aussi  deux autres romans qui j'espère me laisseront sans voix.

 

Encore bravo!


Anne-Cé

 

PS: Tous ces compliments méritent bien une dédicace exceptionnelle, non??

 

 

Message de Bob Boutique sur Facebook, le 15/11/2009

 

Bob a écrit sur le mur de l’événement « Sortie de mon roman "Les Perdants" » :
"je viens de l'acheter à TLP... je te dirai quoi ! Superbe couverture."

 

 

Mail d’Amélie Desmet le 08/11/2009 suite à la lecture de « L’homme à la Chimay bleue ».

 

"Je ne l'ai pas dévoré, non, je l'ai bu, siroté plutôt... J'aurais pu le boire cul sec, la tentation était grande, mais je me mets toujours à lire trop tard le soir et mes yeux se ferment sans que je m'en rende compte!"
Voilà ce que je lui ai dit en lui rendant "L'homme à la Chimay bleue".
Je tournerai peut-être la page ce week-end...

Bien à vous.

Desmet Amélie.

 

 

Mail d’Alain Desmet le 27/10/2009 suite à la lecture de

« L’homme à la Chimay bleue ».

 

Je viens juste de terminer la lecture d'un chef-d’œuvre et je pèse mes mots.
Je ne prétends pas être critique littéraire de haut vol mais ma passion pour la lecture
m'autorise à émettre un avis de connaisseur.
Le livre qui m'a le plus marqué est: Biographie de la faim d'Amélie Nothomb.
Je ne sais pas si pour toi ce sera un compliment, mais je me demande si le tien n'est
pas meilleur que le sien.
S'il est vrai que par certains aspects je m'identifie à toi (pardon, au personnage),
et que j'ai vidé la moitié d'une bouteille de pastis en te lisant, ceci n'atténue en rien
mon appréciation.
J'y ai pris autant de plaisir que de savourer avec béatitude ma deuxième Chimay bleue
à la terrasse d'un café, un soir d'été, entouré de bons copains.

Bonne soirée.

Alain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gauthier Hiernaux (http://grandeuretdecadence.wordpress.com/lectures/)

 

  

Difficile – périlleux même – cet exercice auquel s’est livré Jean-Philippe Querton, auteur de plusieurs romans chez Chloé des Lys : parler de pédophilie sans tomber dans la vulgarité racoleuse et sordide.
Oser aborder un tel sujet, en ces périodes où l’on affecte de découvrir ce type de perversion est un défi en soi. En tant qu’éditeur, je ne pense pas que j’aurais pris le risque. Mais en tant que lecteur, je dois avouer que je ne me suis pas posé la question. En vérité, je n’ai pas fait attention quand j’ai acheté l’ouvrage et j’en ai découvert le sujet un peu par hasard.
Prétendre que la vie de (Monsieur) Robert ne m’ait pas choquée serait faire preuve de mauvaise foi. On ne peut rester insensible à la lutte des deux personnalités qui se livrent bataille dans le chef de l’individu et on se surprend à tourner les pages avec avidité.
Jean-Philippe Querton est un excellent auteur qui excelle dans le « noir de noir ». Il n’a pas peur de choquer et de malmener ses personnages, mais sait se montrer tendre quand il le veut.
Il dépeint la vie, en somme.  

Gauthier Hiernaux

 

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