Décapiteuses Pensées

 

Savamment préfacé par Éric Dejaeger, cet ouvrage propose plus de 250 réflexions, phrases, aphorismes dont la plupart ont été diffusés sous forme de "momoqueur".

 

Autour des 7 péchés capitaux sont déclinées dans ce livre quelques décapiteuses pensées.

Car l’aphorisme fait parfois perdre la tête. J’aime à répéter que ceux qui m’ont donné le goût de la phrase courte, de la formule qui pique, ont pour noms Louis Scutenaire, Achille Chavée et Marcel Mariën.

Avec eux, pas de détour, l’aphorisme devient un énoncé autosuffisant, à l’opposé du cliché, du lieu commun. Les mots claquent, la sentence est prononcée.

Dans la découverte de cet art subtil de l’énoncé concis, percutant et, surtout, drôle, j’ai beaucoup appris aussi de la fréquentation de ces fous littéraires que sont André Stas et Éric Dejaeger. L’envie me fut donnée de rencontrer ce dernier après avoir lu une phrase, une simple phrase tellement évidente : « Si tu bois mes paroles, tu ferais mieux d’ouvrir une Chimay bleue. »

  

En savoir plus sur l'éditeur: http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

 

 

Extraits choisis

Au cours de géographie, le cancre est souvent installé au fond de l’atlas. 

 

 

Il ne faut pas réveiller le livre d’or. 

 

 

L’oisiveté est la sœur du tournevis. 

 

 

Pour bien dormir, l’homme qui a le sens du détail  n’hésitera pas à enculer une mouche tsé-tsé avant d’aller au lit.

 

 

Glandeur et méga-danse, telle est la devise de notre belle jeunesse.

 

 

De ces gens si mous qu’ils semblent porter tout leur dynamisme à l’intérieur… 

 

 

C’est triste, le manchot ne sait jamais remettre à deux mains ce qu’il doit faire le jour même.

 

 

Qui ne dit mot se sent con.

 

 

Quand le paon est crevé, il met la roue de secours.

 

 

Être réveillé par le chant des oiseaux est un bonheur que ne connait pas celui qui doit prendre le train. 

 

 

En coupant son saucisson, il se fit la réflexion qu’une rondelle ne fait pas le printemps. 

 

Il se plaint sans cesse, sur sa tombe, on écrira : « Ici geint… » 

 

 

Le grand art : être capable de  fermer la parenthèse que l’on n’a jamais ouverte.

 

 

Qui enterrera le dernier fossoyeur ?

 

 

Au retour de deuil, tout le monde sirotait un petit noir.

 

 

Ce matin, j’ai consulté les annonces nécrologiques. J’ai été assez content de ne pas y lire mon nom parmi les nominés. 

 

 

J’ai un oncle qui croit en la réincarnation.

 

 

L’association des militants pour la vie éternelle s’est mise en grève de la fin.

 

 

Mon ici est aussi l’ailleurs de quelqu’un. Et vice versa. 

 

 

Les personnes qui décèdent entre le 21 juin et le 22 juillet meurent sous le signe du cancer, mais parfois simplement d’un rhume mal soigné ou d’une chute dans l’escalier. 

 

 

Chaque fois que je me découvre une nouvelle amitié, pour peu qu’elle me semble réciproque, je compte une chaise supplémentaire occupée lors de mon enterrement. 

 

 

Comme disaient les soldats américains, ad vietnam aeternam

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×