Extraits

 

Elle, Giovanna, elle a perdu son fils…

Lui, Jean-Philippe, il a voulu mettre des mots sur son combat…

 

Interview

 

Jean-Philippe : Giovanna, tu te rappelles de la première fois que nous nous sommes rencontrés ?

Giovanna : Si je m’en rappelle ? Oh que oui …. J'étais émue de rencontrer un écrivain, ce qui est peu habituel. Ton tempérament de « littéraire » a frappé ma curiosité et je n'imaginais pas qu'un collègue serait autant à l'écoute de mon histoire. Lorsque je t'ai reçu dans ma petite maison de coron, en plein cœur du Borinage, comme tu dis si bien, je pense que j'étais tellement excitée que les paroles fusaient de toute part et j'avais l'impression que je te saturais de mes propos. Nous y sommes allés avec une tournée générale de café typiquement italiens, ces cafés qui ont l'art de te tenir éveillé durant des heures tellement ils sont forts. J'avais tout de même peur que tu baisses les bras mais en partant, tu m'as dit « on se reverra, mais il me faudra du temps.... un livre ne s'écrit pas en quelques mois »et là, j'ai un peu paniqué.

 

J-Ph : Pourtant, un peu plus de quatre mois plus tard, le 1er janvier, je mettais ce que je croyais être le point final à l’écriture du bouquin…

Gio : C’est vrai.

 

J-Ph : Pourquoi cette envie de parler de ton histoire ?

Gio : Pour rétablir mon fils dans sa dignité, pour faire taire les ragots et pour leur faire comprendre qui était mon fils, et que nul n’est à l’abri d’un pareil drame.

 

J-Ph : Quels sont les meilleurs moments de ces rencontres ?

Gio : La première rencontre avec toi, lors de nos premières discussions en vue d’élaborer le canevas de notre projet.

La rencontre avec les potes, quand tu m’as photographiée.

Ta bonne humeur et ta détermination, ta sincérité aussi, ta façon de me questionner avec énormément d’empathie car je sais que tu es papa et qu’au fond de toi, je pense que tu devais éprouver une tristesse  que tu n’affichais pas.

 

J-Ph : Est-ce que tu t’es parfois découragée ?

Gio : Je me suis découragée, mais j’ai toujours gardé l’espoir, et au fond de moi j’y croyais et je savais qu’avec toi on y arriverait.

 

J-Ph : Au début les choses se passaient plutôt bien. Nous nous sommes rencontrés en août 2007 et le livre aurait pu paraître au printemps 2008.

Gio : Je me souviens. Tu avais déjà trouvé un éditeur qui était intéressé… enfin, une éditrice, ce qui ne change rien.

 

J-Ph : Et là, nous avons commis une erreur…

Gio : Oui… Dans l’enthousiasme, nous sommes allés trop vite. On a voulu monter une conférence de presse et…

 

J-Ph : Et puis, il y a eu des fuites…

Gio : Oui. Le docteur X a vite appris que nous projetions de publier un bouquin qui allait raconter l’histoire d’Alexandro…

 

J-Ph : Et quelques jours plus tard, ton avocate recevait un courrier de menace.

Gio : En effet, si nous publiions quoi que ce soit de diffamatoire à l’égard de son « intouchable » client, les foudres allaient s’abattre sur nous.

 

J-Ph : A cause de cela ou pour une autre raison, on n’a jamais su le fin mot, notre éditrice a abandonné… A ce moment-là, moi, je t’avoue que je me suis découragé. J’ai envoyé le manuscrit à un nombre incalculable d’éditeurs qui ont tous répondu que ce livre était bouleversant, mais bien trop dangereux à publier.

Gio : C’est là que tu t’es dit qu’il fallait réécrire toute l’histoire pour que n’apparaisse plus la moindre mention permettant de reconnaître les protagonistes.

 

J-Ph : Ce livre, pourquoi était-ce si important qu’il paraisse ?

Gio : Ce  livre est pour moi un soulagement moral. Une façon de mettre sur papier mes sentiments et de les faire partager aux autres.

 

J-Ph : A quoi veux-tu qu’il serve ?

Gio : Je veux que ce livre serve aux jeunes, pour qu’ils puissent comprendre que la vie n’est pas un jeu, qu’il est très important d’être prudent, surtout au niveau des dépendances à la drogue, pour que les parents soient prudents, pour qu’il y ait un dialogue plus facile entre parents et enfants et que les parents puissent comprendre que pour la jeunesse actuelle il n’est pas évident de ne pas se laisser influencer. En ce qui me concerne par rapport à l’histoire de mon fils, que la vérité soit lue par les lecteurs et que chacun comprenne ce que l’on peut ressentir par rapport à la perte d’un enfant. J’aimerais aussi aider des jeunes, leur parler, leur expliquer…..

 

J-Ph : Maintenant que le livre est sorti, que ressens-tu ?

Gio : Un soulagement ; mon cœur est léger, j’ai perdu un combat juridique mais j’en ai gagné un autre, celui de voir naître mon projet. Je ressens au fond de moi une paix tellement profonde que j’en tremble encore maintenant. C’est trop beau pour moi.

 

J-Ph : A Alexandro, que voudrais-tu dire, aujourd’hui ?

Gio : Alexandro, voilà, mon combat pour restaurer ta dignité, est enfin arrivé à son terme… malgré ton absence, je continuerai à vivre car je suis la seule personne qui reste pour pouvoir être là pour toi, même si physiquement tu n’es plus là ; tu es dans mon cœur et dans mes pensées. Je voudrais te dire maintenant que beaucoup de gens autour de moi me disent que tu étais un brave garçon.

Ta maman qui t’aime.

 

J-Ph : Fais-tu encore confiance à la justice ?

Gio : Non.

 

J-Ph : Te sens-tu encore en colère ?

Gio : Non, ma colère est dissipée et j’ai envie de vivre maintenant et de penser à moi.

 

J-Ph : Y a-t-il une question que tu voudrais me poser ?

Gio : Oui, as-tu éprouvé à un moment quelconque, durant tous ces longs mois qu’a nécessité la mise en œuvre de ce projet, un sentiment de colère ou de révolte face à la situation et aux évènements que j’ai vécus ?

Aurais-tu cru qu’en tant que maman, j’aurais eu le courage de dire toute la vérité en ce qui concerne la vie de mon fils, les bons et les mauvais moments, les bonnes et les mauvaises choses, sa vie telle qu’il l’a vécue, tout simplement……

 

J-Ph : Je vais te répondre.

Ecrire ce livre a été une épreuve beaucoup plus difficile que tu ne l’imagines. Je ne pense pas t’en avoir jamais parlé, mais à l’époque, il y avait sur moi une pression terrible de quelqu’un qui ne comprenait pas à quel point ton histoire me bouleversait et qui plus est, qui n’arrêtait pas de dire que ce projet était dangereux, que nous aurions des ennuis. Elle ne voyait pas pourquoi je voulais aller jusqu’au bout. Et justement, ce qui me motivait c’était ta colère, ta détermination, tes cris…

La mienne de colère, elle est véritablement arrivée lorsque j’ai rencontré le docteur X ! J’ai fait la connaissance d’un être suffisant, méprisant à ton égard et à l’égard d’Alexandro et ses mots abjects m’ont véritablement renforcé dans le désir de le dénoncer, lui que d’aucuns considèrent encore comme un saint, comme un martyr…

Mais ce qui m’a rendu le plus heureux dans ce long travail, c’est de t’avoir aidé à découvrir ton fils sous un œil nouveau… Le jour de la rencontre avec tous les potes reste à jamais gravé dans ma mémoire.

Je te dis merci de m’avoir permis de vivre tout ça.

 

 

Rencontre

 

 Je me souviens avec émotion de cette rencontre avec Giovanna. Elle allait bousculer ma vie, mes certitudes, mon confort. Plus jamais je n’allais observer ma progéniture du même œil insouciant. Cette confiance qui fonde le sentiment de sécurité des parents - que voulez-vous qu’il arrive ? - allait s’ébrécher. J’allais découvrir que la fatalité, et je déteste ce mot, frappe parfois avec une cruauté à laquelle nul ne peut se préparer.

C’était un lundi, le 27 août 2007, précisément, il était 17 heures 30 environ et l’été ne s’était toujours pas décidé à s’imposer ni à s’en aller définitivement. Je m’étais un peu égaré dans ces villages qui se chevauchent, cette contrée où les frontières sont absentes. Moi qui suis habitué à passer d’une bourgade à l’autre par des transitions campagnardes, je ne m’y retrouvais pas. La cité où je me rendais se calfeutrait entre d’autres communes et dans cette région, on ne remarquait pas que l’on passait de l’une à l’autre. Les maisons s’enchaînaient aux maisons dans un défilé qui semblait ne jamais vouloir prendre un soupçon de répit. Les rues étaient interminables et on se demandait si le bout du monde était au fond du chemin, là où se nichait peut-être un cimetière.

Je n’avais finalement pris que quelques minutes de retard. Les passants que j’avais interpellés pour me guider dans ce dédale de rues qui se ressemblaient toutes m’avaient répondu avec gentillesse... Sauf qu’il me semblait percevoir l’ombre d’un sourire gêné sur leurs visages. Comme s’ils regrettaient que ce visiteur perdu ne puisse découvrir leur pays en habits de dimanche, à l’image de quelqu’un surpris par un invité qui arrive à l’avance, alors que la maison est encore en désordre, et qui s’en excuse.

Je la sentis immédiatement rassurée que cette entrevue ait enfin lieu, soulagée que je sois venu. Elle était souriante, malgré ses vêtements de deuil. Une petite femme nerveuse et jolie, au parler enthousiaste et rapide, mélange savoureux de ses racines méditerranéennes et de tonalités imperceptiblement régionales. Son accueil fut latin dans toute la splendeur du terme : un café remarquable concocté dans la petite cafetière italienne argentée à défaut d’autres propositions que j’avais poliment refusées et une autorisation toute spéciale à faire usage du tabac dans un lieu où l’on ne fume jamais. Le café allait devenir notre rituel, nous en boirons des litres. Une maisonnette étroite, juste ce qu’il faut pour vivre à deux, avec un mari ou avec son fils, un jardin tout propret où le gazon ras verdoie, un petit chien accueillant avec qui les conversations vont en sens unique puisque la pauvre bête souffre de surdité... De quoi vivre en toute quiétude, avec le nécessaire. Le superflu n’a pas sa place dans cet univers un peu étriqué mais chaleureux.

Il y a des légendes qui décrivent ces contrées autrefois prospères comme un pays où laminoir rime avec désespoir, une zone économiquement sinistrée dans laquelle de nombreux immigrés ont conçu des rêves de fortune, une terre fondamentalement cosmopolite où le brassage des cultures crée parfois des chocs, des heurts qui trouvent leurs origines dans l’absence de perspectives. « No future ! », tel pourrait être le slogan de la jeunesse bigarrée de cette région déclarée définitivement perdue par les technocrates européens.

Mais dans le cocon de Giovanna, nous sommes loin de ces considérations. Son futur à elle reste à construire. Seule, orpheline de son fils. Privée de son enfant depuis bientôt 6 ans, elle n’est pas encore arrivée au terme de son deuil. (...)

 

 

La loi du silence

 

 

 

 

Le 13 février, soit cinq jours après le décès de son fils, Giovanna se constitue partie civile au cabinet de la juge d’instruction. Ce sera sa thérapie, sa manière de refuser la fatalité, l’épouvantable drame. Là où d’autres se seraient sentis écrasés par la souffrance, abrutis par le chagrin, réduits au silence devant l’inadmissible, elle se jette dans le combat, elle veut hurler à la face du monde sa rage devant l’incroyable légèreté avec laquelle les ambulanciers ont effectué leur mission, elle s’enflamme contre les allégations de ceux qui accusent Alexandro d’avoir pris des risques avec l’existence en consommant de la drogue. Elle enrage et choisit le combat plutôt que la dépression. 

Dans les jours qui suivent le départ de son fils vers le grand nulle part, elle interroge, elle enquête, elle tente de comprendre et sa moisson est conséquente ... Mais, bizarrement, au moment de transformer les confidences chuchotées en témoignages à verser au dossier, certains témoins se rétractent, pire encore, il s’en trouve qui jurent n’avoir jamais proféré pareilles déclarations.

C’est le cas pour ce qui se déroule le 7 février dans la soirée, par exemple. Ce soir-là, Alexandro  arrive vers 20 heures 30 au café « Le House », un bistrot de quartier où il avait ses habitudes, du moins un endroit qu’il fréquentait depuis deux mois, depuis son ouverture. Le patron, M., ne se souvient pas avoir rencontré de problème avec Alexandro. Il le décrit comme un client calme, qui aime bien boire un verre, mais qui n’est jamais ivre. Par contre, Johnny n’est pas le bienvenu. Quelque temps après l’inauguration, le personnage s’est déjà illustré en provoquant des bagarres et M. l’a « foutu à la porte », comme il le raconte. Mais ce soir, Alexandro insiste pour que Johnny puisse entrer et le patron, d’abord réticent, finit par accepter. L’ambiance est détendue, peut-être est-ce dû à la présence d’une quinzaine de membres d’une société folklorique locale. Au bar, Alexandro et Johnny sirotent quelques bières avant que ce dernier s’en aille, vers 21 heures 30. Sympathique, le patron partagera son souper avec Alexandro avant de fermer les tentures vers 23 heures.  

« En mangeant, il a bu quelques verres de menthe à l’eau ou de la grenadine, je ne sais plus… En tout cas, il n’était pas ivre.»

Plus personne ne sera en mesure de témoigner de ce qui se passera dans les sept heures qui suivront.

Pourtant cette version, presque trop belle pour être vraie, ou du moins qui n’augure pas du drame qui va se dérouler, sera quelque peu atténuée par le patron du bistrot lorsqu’il se rendra chez Giovanna pour présenter ses condoléances à la famille. Devant témoin, il évoquera le fait que quelqu’un avait versé le contenu d’une gélule ou d’un sachet dans le verre de Jupiler d’ Alexandro. Devant l’inspecteur de Police et confronté à Giovanna, il attestera n’avoir jamais affirmé cela.

Pourquoi cette rétraction ?

La peur, cette satanée trouille des représailles ? Le milieu des petits camés est-il à ce point dangereux que les patrons de bistrot préfèrent la loi du silence plutôt que de contribuer à identifier ceux qui sont peut-être, ou du moins en partie, responsables de la mort d’un garçon de 21 ans ?

Certains affirmeront avoir vu Alexandro se battre ce soir-là, d’autres prétendront qu’il se serait fait jeter d’une voiture à proximité de l’endroit où on le retrouvera. 

Un puzzle, un casse-tête invraisemblable... des affirmations aussi vite déniées, des rumeurs infondées, des témoignages contradictoires, l’enquête démarre mal.

 

Devant la juge et la greffière, Giovanna certifie qu’Alexandro ne consommait ni cocaïne ni héroïne.

Encore faudra-t-il qu’elle en apporte la preuve. (...)

Les mensonges de Roberto

 

 

 

 

La stratégie du mensonge, est- ce que ça marche ?

Affirmer une chose un jour, l’inverse le lendemain, puis se dédire pour ensuite se rétracter, cela semble correspondre au mode de fonctionnement de certains membres de la famille de Johnny et Roberto.

Dans cette histoire, ils sont omniprésents, le fil rouge du drame. C’est Roberto qui rencontre Alexandro le 7 février et le conduit auprès de son neveu Johnny. C’est lui, à nouveau, qui les accompagne à la consultation du docteur Langlois et les attend et c’est toujours lui qui les emmène à la pharmacie pour acheter les médicaments prescrits par le toubib.

Ce n’est pas tout.

Etrangement, le 8 février à l’aube, l’individu passe en voiture, à deux reprises, rue des Déportés. Lors d’une audition datée du 10 février, il déclare avoir quitté son domicile vers 6 heures 20 pour se rendre dans un village voisin où il doit déposer un courrier. Il refait le chemin inverse et vers 6 heures 45, il repasse dans la même rue. Il se rend à la banque pour effectuer un retrait, conserve précieusement le ticket, puis réintègre son domicile. Il déclare n’avoir rien remarqué.

« Je n’ai pas  remarqué la présence d’une personne sur le trottoir... »

Dans un procès verbal daté du 20, il réitère ces affirmations, modifiant quelque peu les heures où il emprunte la rue des Déportés. Il passe devant la maison où gît Alexandro vers 7 heures, il ne remarque toujours rien. 

En août, l’individu, réentendu pour des compléments d’enquête, semble avoir retrouvé la mémoire, à moins que ce ne soit une élucubration supplémentaire.

« Vers 6 heures 55, j’explique ma présence dans le village par le fait que je devais déposer un courrier (...). Près du coiffeur (…), j’ai vu une voiture beige avec un homme au volant et un autre sur le trottoir, il est monté dans la voiture qui est partie en trombe. »

Pourquoi cet élément resurgit-il à son esprit six mois après les faits ? Cet individu qui remonte dans la voiture ne peut pas être celui qui a déposé Alexandro, il y a longtemps que sa présence a été remarquée et à cette heure-là, les ambulanciers sont déjà en route.

Autre hypothèse : des passants, intrigués par la présence du corps s’arrêtent, puis prennent la fuite pour éviter les ennuis, peut-être même ont-ils tenté de détrousser le jeune homme qui serre dans sa main les deux coupures de 50 euros.

Et si cette voiture beige n’avait jamais existé ? Et si elle sortait tout droit de l’imagination du témoin à la mémoire fluctuante.

Dans un document de la police fédérale où sont synthétisées ces déclarations souvent divergentes, apparaît une rubrique intitulée « contradictions ». L’inspecteur y formule une réflexion à propos de Roberto : « Il déclare être sorti entre 6 et 8 heures du matin en voiture pour se rendre à différents endroits  et être passé justement dans la rue où se trouvait D. Alexandro. Il a même vu à cet endroit deux personnes s’enfuir en voiture. Il donne l’impression de se créer un alibi alors qu’à aucun moment, il n’est suspecté de quoi que ce soit. »

 

Son emploi du temps pour la journée du 8 février n’est pas clair. Il déclare s’être rendu à Ostende avec son neveu Johnny et la copine de celui-ci. Elle précise qu’Alexandro aurait dû être du voyage, lui aussi. Roberto n’évoque pas le fait qu’il se soit étonné de son absence. C’est normal, le voyage n’a jamais eu lieu. Dans une première déclaration, Johnny prétend être revenu de la côte vers 21 heures, toujours dans l’ignorance de ce qui est arrivé à son ami. Dans une autre, bizarrement, le jeune toxicomane déclare que ce voyage était prévu, mais que finalement ils ne sont pas partis, en tout cas, pas à cette date. Sur la route de la mer, cette route qu’ils n’ont jamais empruntée, Roberto déclare avoir téléphoné au docteur Langlois pour s’informer sur le nom du produit que ce dernier aurait injecté à Johnny, la veille. Nous verrons que la police émet une autre hypothèse sur les motifs de ce coup de téléphone.

Si la technique est délibérée, noyer les enquêteurs sous les informations contradictoires, ils sont experts dans l’art de brouiller les cartes. Plus fort encore, ils invoquent l’argument selon lequel leur alcoolisme ou leur toxicomanie perturbe leur mémoire. Une belle pirouette pour pouvoir se dédire sans arrêt. Même le parquet s’arrache les cheveux, au point de ne plus prendre en considération les témoignages de ces gens qui ont croisé Alexandro dans les derniers jours, dans les dernières heures de son existence.

La défense de Langlois, quant à elle, ne se privera pas de piocher dans ce fatras de versions parfois incompatibles, les arguments les plus bas pour charger Alexandro et sa mère. (...)

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