L'Homme à la Chimay bleue

4ème de couverture

 

Découragé par le combat quotidien contre un corps en souffrance, fatigué des contraintes que la médecine lui impose, un homme décide d’en finir avec la vie. Il s’organise une mort festive et décide de périr par son vice : la Chimay Bleue. Boire jusqu’à ce que mort s’ensuive ! Froidement, il planifie les derniers mois de son existence qu’il rythme selon une consommation soutenue de bières trappistes. Alors qu’il arrive au terme de son chemin de croix, il rencontre l’Ange, une jeune fille qui n’existe pas au regard de l’administration, un fantôme qui lui rappelle sa petite fille. Le projet de suicide est alors postposé ... pour combien de temps ?

 

 

Amoureux des mots et de la langue française, Jean-Philippe Querton nous offre ici son troisième roman. Un texte court, nerveux où le thème de la mort est omniprésent. Mais le véritable sujet de ce livre n’est-ce pas l’adolescence ? Cette enfant qui a préféré périr plutôt que de devenir véritablement ce que ses parents rêvaient qu’elle devienne, n’est-ce pas là que se trouve la clé d’un récit qui alterne drame et légèreté ? Après « Le Poulet aux Olives », publié en 2004 et réédité deux ans plus tard et « Pronunciamiento », sorti de presse en 2006, l’auteur nous propose une chronique émouvante empreinte d’un cynisme déconcertant. Rarement, la question du suicide a été traitée avec autant de désinvolture.

 

 

Journal d’écriture

 

Par un après-midi de congé scolaire, alors que j’avais préféré me refugier dans un bistrot pendant que mes enfants étaient au cinéma, j’observais un à un les tristes consommateurs de l’établissement, me demandant ce qui les poussait à se planter, solitaires, des heures durant, devant des verres de bière qui se remplissaient et se vidaient à une cadence régulière. J’imaginais qu’ils attendaient la mort. Les visages étaient graves, les corps voûtés sous le poids des années ou du désespoir.

C’est là que me vint l’idée de ce personnage qui, fermement décidé à en finir avec la vie, prend la décision de tout plaquer pour aller finir ses jours en un lieu où il pourra ingurgiter, tranquille, toutes les Chimay bleue qui le conduiront au trépas.

Je griffonnai des idées, des phrases sur une dizaine de cartons de bière, avant de plonger dans la rédaction d’un texte qui comportait environ cinquante pages. C’était une longue nouvelle et je la fis lire à mes proches. Je fus surpris à les voir bouleversés. Beaucoup me dirent qu’il serait préférable que cette histoire fasse l’objet d’un roman... Et je repris la plume, enfin, le clavier, pour retravailler ce texte sous une forme plus longue.

 

Lorsqu’il fut publié par les Editions Chloé des Lys, dans l’esprit des lecteurs, je devins moi-même l’homme à la Chimay bleue. Assez bien de gens s’inquiétèrent de mon état de santé psychique, certains crurent que je racontais mon histoire… Il n’en était rien, mais aujourd’hui encore, cette étiquette me colle à la peau.

 

J’ai reçu nombre de témoignages à propos de ce livre.

Certains m’ont poussé à chercher à trouver des cinéastes pour l’adapter au cinéma ou à la télévision. D’autres ont fait le casting, imaginant tel ou tel  acteur dans le rôle de l’homme à la Chimay bleue.

Aujourd’hui, malgré quelques contacts informels, ce projet n’est pas encore sur les rails… Mais, qui sait !

 

Il n’en reste pas moins que ce troisième roman fait partie de mes plus grandes fiertés. Il m’a apporté des réactions étonnantes et procuré le sentiment d’avoir trouvé un style personnel, une épaisseur nouvelle dans l’écriture.

 

Extraits sous forme de phrases.

 

« Ma décision était irrévocable, définitive et sans appel, je voulais me noyer dans la trappiste et en mourir.

Une botte de radis en décida autrement. »

 

 

« J’étais déterminé. S’il fallait périr, que ce soit de la plus belle manière qu’il soit. J’allais m’en aller dignement, me noyer dans mon vice, m’engloutir dans la Chimay, tenter l’expérience de l’apnée dans la « bleue », devenir le Mayol de ce nectar que je vénérais depuis tant d’années. »

 

 

« Je voulais des graisses, des lipides, des sauces, des calories.

Crever de lipoabsorption.

M’empoisonner dans la béatitude.

Périr dans l’euphorie.

Rendre l’âme dans la jouissance.

Mon anéantissement serait festif ou ne serait point ! »

 

 

« Pour moi, les tenanciers de bistrots sont les personnes les plus respectables d’une cité. »

 

« Je remplis le verre d’un bon tiers, laissai la mousse retomber, écoutai les crépitements délicats provoqués par le rencontre du gaz carbonique avec l’air, observai, amoureux, la couleur noirâtre du nectar, l’humai, le portai à mes lèvres et en avalai deux gorgées. »


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