Les Perdants

4ème de couverture

 

« Je me relis et les premières pages de ce roman me semblent effrayantes. Comment est-il possible d’écrire d’une manière aussi insane ? Aussi brutale ? Comment de telles bestialités peuvent-elles naître dans un esprit considéré comme sain ? Voilà ce que ne manqueront pas de penser ceux qui plongeront dans  cette histoire. »

Ainsi commence le journal d’écriture de ces « Perdants », un texte où l’auteur évoque les états d’âme qui l’ont animé durant la rédaction du récit.

Il y a donc Robert, un prof de math dévoué et respecté, puis, il y a Robert, le pédophile, l’obsédé, le violeur. Il suffit d’une migraine pour que le brave homme se transforme en monstre.

Dans cette étrange existence, Aïcha déboule du haut de ses 13 ans… Danger. Chacun des Robert commence à prendre conscience de l’existence de l’autre…

Il faut s’accrocher, aller jusqu’au bout… C’est alors qu’on comprend.

 

C’est du noir de noir, amer à souhait !

Querton signe son cinquième roman.

Décidément, il nous inquiète de plus en plus…

 

Journal d’écriture

 

Trash, dira-t-on.

Oui, trash.

Écrit en quatre semaines, entre fin juillet et août 2008, à une période de profonde remise en question, ce livre va loin dans l’abject.

L’idée de départ : écrire une phrase, quelque chose de percutant, de fort. Puis, construire une histoire à partir de cette phrase.

Certains ont souffert à la lecture, d’autres se sont sentis sales, on a parlé d’un « nouveau Marquis de Sade »…N’exagérons pas.

Oui, je pense que dans ce livre, j’emmène les lecteurs très loin dans l’ignominie qui sommeille en chacun de nous. Rien n’est épargné. Viols, sévices, tortures, incestes, manipulation, silence complice…

Ce ne fut pas facile et souvent, je m’arrêtais, me posant des questions sur moi-même, sur ce que j’étais occupé à écrire. Alors, je me suis mis à écrire sur ce que j’écrivais. J’ai rédigé un journal d’écriture qui se trouve à la fin de l’ouvrage, où je tente de communiquer sur les raisons qui m’ont poussé à rédiger ce texte, cette descente aux enfers.

L’éditeur demeura dubitatif.

Trop glauque, pensait-il, décidant finalement d’accepter le manuscrit.

 

Ces « Perdants », c’est, après « L’homme à la Chimay bleue », une nouvelle manière de prendre des risques face aux lecteurs, c’est un livre sans concession, sans langue de bois, sans démagogie…

Il choquera, c’est clair, mais je suis très fier de l’avoir écrit.

Et surtout, j’éprouve quelque plaisir à admirer l’objet, tant le travail de photographie, de maquette et de mise en page de la couverture et du 4ème sont remarquables. Ils sont l’œuvre de ma fille cadette, Chloé.

Il fallait que cela soit dit.

 

 

 

 Extrait 1 : Première page.

 

Robert ressentait furieusement l’envie de baiser.

C’était plus fort que lui.

Régulièrement, il était assailli de pulsions qui lui déchiraient le bas du ventre. Cet envahissement de l’esprit s’accompagnait de violents maux de tête.

Comme un chien désire son os, comme un nouveau-né réclame le sein maternel, il se sentait submergé par un désir irrépressible.

Comme l’homme déshydraté souffre de la soif, comme l’homme affamé supplierait pour un rogaton moisi, il était capable de tuer pour assouvir l’urgence de son besoin.

Pendant des années, il s’était contenté d’assouvir seul ses exigences concupiscentes. Il avait éclusé toutes les formes de sexualité solitaire, de la masturbation traditionnelle, à grands coups de poignet, en passant par les substituts de latex qui désormais ne parvenaient plus à le satisfaire.

Ces poupées soumises avaient fini par l’agacer. Par leur silence, leur passivité, leur soumission. Il voulait que ça bouge sous lui, qu’on lui résiste, qu’on se refuse, qu’on lui lance des regards de haine, de mépris, de peur, avant de se résigner et de gémir sous ses coups de boutoir violents.

Il aimait ce corps à corps tendu qui précède la pénétration. Il aimait qu’on le griffe, qu’on le morde, qu’on lui crache dessus, qu’on le déteste.

C’était cela.

Plus il se sentait détesté, plus il se sentait fort.

Plus son sexe devenait rigide, plus il était capable de défoncer les interstices les plus ténus.

Il aimait cette douleur qui irradiait sa verge, quand d’un coup de rein, il parvenait à s’enfoncer dans une fente qui se refusait à lui.

Elle devenait coupure, puis la fente devenait blessure.

Cela faisait trois jours qu’il vivait avec cette obsession.

Il savait comment cela se terminerait.

Il devenait urgent qu’il trouve une proie ou que cesse la migraine qui le rendait fou.

 

 

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