Mortelle Praline

4ème de couverture

 

Un détective porté sur le pastis, amateur de cassoulet et consommateur invétéré de cigarettes blondes finit toujours sur un lit d’hôpital, tout le monde vous le dira ! C’est bien évidemment ce qui arrive à Marcel Quinchon, mais cette alerte cardiaque se révèle bien plus dangereuse qu’il ne l’imaginait.

Dans les chambres avoisinantes de l’hôpital du Tivoli, des patients, ses frères coronariens, comme il les appelle, trépassent, étouffés par une étrange praline. Il n’en faut pas plus pour que la convalescence du privé ne se transforme en une enquête qui le conduira du lit de Nancy, l’opulente infirmière, au milieu interlope de l’échangisme, en passant par l’univers du football professionnel ... Autant d’escapades peu indiquées pour rétablir un cœur déficient.

 

Journal d’écriture

 

Les éditions « Les Papiers de Lune » n’eurent qu’une brève existence.

Créée par une jeune femme dynamique et décidée, cette initiative est morte avant d’avoir pu étoffer son catalogue des jolis projets qui lui étaient suggérés. Juste le temps de sortir quelques ouvrages, quatre ou cinq, et puis, s’en vont.

J’ai eu le plaisir d’y publier Mortelle Praline, un roman écrit, une fois de plus, à partir d’un événement de ma vie : un petit infarctus et un séjour dans un service de cardiologie où un de mes frères coronariens s’en alla vers l’outre-tombe, alors que je commençais à peine de réaliser ce qui venait de m’arriver. J’ai pensé que ces décès se multipliaient et l’imagination a fait le reste. Ce roman commémore le retour de Marcel Quinchon. L’homme était attendu, surtout par les lecteurs qui avaient apprécié le personnage et son côté épicurien dans Le Poulet aux Olives.

Le roman se déroule entre Ecaussinnes et La Louvière et l’on y plonge dans des univers aussi différents que le monde du football professionnel, celui du grand banditisme ou les cercles échangistes.

2007 fut donc une année faste avec la publication de deux ouvrages…

 

Ce titre, étant donné la disparition de la maison d’édition qui l’a publié, est pour le moment épuisé. Il est en cours de réédition et sortira en 2010, aux éditions Chloé des Lys.

 

 

 

Extrait 1 : Où Marcel Quinchon évoque ses états d’âme.

 

Il vivait en direct son premier infar. Il en était ému et savourait l’attention délicate avec laquelle l’infirmière kabyle tenait entre ses doigts son sexe un peu las, ce qui, somme toute était assez logique en pareille circonstance. Elle s’évertuait à épiler soigneusement son pubis, tandis qu’il écoutait avec une vigilance feinte les explications du médecin qui tenait absolument à ce qu’il comprenne la nature de l’intervention à laquelle il allait devoir se soumettre. Quinchon se disait que la vie était bien plus forte que tout et qu’il n’avait aucune intention de se laisser mourir.

 

Extrait 2 : Rendez-vous au bistrot avec une infirmière.

 

Elle arriva avec 37 minutes de retard - pas la serveuse, mais Nancy - ébouriffée, échevelée, essoufflée, le visage tendu et le maquillage excessif. Ses seins étaient enserrés dans un chemisier étroit, leurs extrémités pointaient d’une manière arrogante et déterminée, offerts au regard gourmand du détective.

Lui qui ne l’avait jamais vue que dans ses attributs vestimentaires professionnels immaculés de blancheur, eut quelque peine à la reconnaître, sapée comme une secrétaire de direction ou une pute de luxe - cherchez la différence - : Jupe noire serrante, légèrement fendue latéralement, bas résille et chemisier blanc, sobrement échancré jusqu’à la naissance du buste.

- Excusez-moi pour le retard, mais je voulais à tout prix m’assurer de n’avoir pas été suivie !

Suivie !

- Calmez-vous, Nancy ! lui dit-il, enserrant sa main tremblante, dans sa poigne solide et rassurante. Respirez ! Tout va bien ! Je suis là. Voulez-vous boire quelque chose ?

- Je… oui… Je ne sais pas… Comme vous !

- L’eau n’est pas très bonne, ici. J’allais me commander une Trappiste. En voulez-vous une aussi ?

- Oui… oui !

- Je voulais vous remercier de m’avoir orienté vers Marius Bouffartigue, c’est un vieux monsieur charmant, intarissable sur les potins régionaux d’aujourd’hui… et surtout d’hier…

Nancy ne l’écoutait pas. Elle n’arrivait pas à retrouver son souffle et il se régalait des soubresauts de sa poitrine, de bas en haut, à la cadence irrégulière de son arythmie respiratoire.

Parler ne lui fut possible qu’après avoir ingurgité la moitié du verre, en deux lampées impressionnantes, une cadence qu’elle n’assurerait pas longtemps vu le taux alcoolique de la Chimay bleue.

- Vous permettez ?

Elle alluma fiévreusement une cigarette, ce qui donna bonne conscience au détective quant à l’échéance qu’il s’était fixée pour acquérir un autre paquet.

C’est alors qu’il remarqua que de grosses gouttes perlaient de son front, ruisselant ensuite lentement le long de ses tempes, avant de s’écraser sur ses épaules, y dessinant de vilaines auréoles qui se fondaient sous l’effet de la chaleur et disparaissaient dans le tissu en quelques secondes.

Il faisait tellement chaud !

Quinchon se tut, attendant qu’elle retrouve un tantinet de sérénité. Elle buvait et fumait goulûment, comme un martyr de la tabacomanie qu’elle était peut-être. Il la connaissait si peu.

En l’observant, il se demanda ce qui pouvait bien l’attirer en elle. Il l’avait connue en soignante effarouchée, quoique capable de lui tripoter les organes génitaux sans rougir, et il la retrouvait empreinte de vulgarité, vêtue de façon triviale, obscène dans ses manières. Drôle de femme, se dit-il, tout en continuant à la désirer.

 

Extrait 3 : Description de partouzes.

 

Bouffartigue jubilait. Le vieil homme éclatait de rire chaque fois que Quinchon lui présentait un haut fait d’armes du Club 96.

Le détective en avait pris plein la figure de ces images de sexe, d’accouplements, de mélanges contre nature de vieux obsédés avec des partenaires ne donnant pas toujours l’impression d’être consentantes. Ni majeures d’ailleurs. Il n’en avait pas dormi de la nuit. Ecœuré. Lui qui ne reniait pas la bagatelle et croyait avoir vu pas mal de choses s’étonnait de l’imagination dont pouvaient faire preuve les adeptes de telles pratiques.

Bouches béantes acceptant, gourmandes, l’invasion de plusieurs sexes mâles simultanément, succubes abjectes engloutissant dans leurs orifices des appendices dégoulinant de morves, femmes enchaînées, feignant le plaisir, subissant l’humiliante invasion d’individus ventrus, simulacres d’amour, confusion de sentiments, tumescences artificielles, artifices plastifiés compensant l’enrageante impuissance de ces mistouflards de la braguette, visages de goules terrorisantes au maquillage fondu sous les coups de boutoir de ces turlupins de la verge, amalgames de chairs, gesticulant, grouillant comme un nid d’asticots sur un cadavre en décomposition.

Et Bouffartigue de rire tandis que Quinchon en avait la nausée.

- Celui-là, vous ne le reconnaissez pas ? C’est le chef des travaux à la Ville. Et un peu plus loin, le petit, un peu dégarni, c’est l’entrepreneur qui a décroché les contrats de voirie pour la commune.

Des noms, des noms à donner le tournis. Chef d’entreprises, hauts fonctionnaires, députés, magistrats, médecins, architectes, avocats… tout ce que la région comptait comme personnes en vue était répertorié par le vieux journaliste.

- C’est une bombe, Quinchon. Une bombe, je vous dis. On peut tout faire péter avec ça !

Quinchon notait. Il se constituait un annuaire impressionnant, comme si l’avenir socio-économique d’une région se jouait lors des séminaires de parties de jambes en l’air.

- Salamone ! Et les deux frères en prime.

Quinchon sortit quelque peu de la torpeur dans laquelle il venait de sombrer, notant inlassablement l’identité, la fonction et divers renseignements sur les acteurs de ces films X.

- Les deux frères ?

- Gino et Octavio.

Bouffartigue désigna deux hommes posant pratiquement nus côte à côte, aussi bouffis l’un que l’autre, verges en berne.

- A gauche, Octavio, le plus âgé, l’autre c’est Gino… une crapule, mais considéré par le clan comme l’idiot de la famille… Pas mal de faillites, pas très doué en affaires et surtout pas assez diplomate et trop peu discret. S’il n’est pas en prison, c’est à Octavio qu’il le doit. Combien de fois il ne l’a pas sorti du pétrin… Et là… un peu en retrait au bar… c’est la femme de Gino… beaucoup plus jeune que lui… Elle est morte, je crois.

Quinchon plissa les yeux pour mieux voir.

- Laura Conception, s’écria-t-il !

- C’est ça ! Vous la connaissiez ?

- Nom de Dieu, lâcha Quinchon, cette histoire tourne au cauchemar.

 

 

 

 

 

 

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